La guerre faisait rage depuis déjà huit années. Huit années de lutte acharnée pour le pouvoir. Huit années que les peuples de Thorayos se battaient pour conserver leur liberté, tous, Elfes, Nains, Hommes, Elfes noirs et les autres s’étaient alliés pour vaincre cette nouvelle puissance montante.
Ces êtres étaient apparus depuis peu mais déjà leur soif de pouvoir les avait amenés à de terribles abominations. Tout était brûlé sur leur passage et tous sans exceptions étaient tués. Alors nous nous sommes battus, tous ensemble avec le même espoir, les chasser de notre monde pour enfin recommencer à vivre. Mais chaque tentative se solda par un échec et bientôt l’espoir nous quitta. C’est alors qu’une décision s’imposa. Nous ne pouvions pas nous battre, ou plutôt nous ne pouvions plus, alors il fallait fuir, fuir long de ces terres, fuir tant que nous le pouvions encore.
Certains décidèrent de rester se battre et retarder ainsi leur progression, le temps de nous laisser le temps de construire des navires et de fuir. D’autres chercheraient les survivants et tous ceux qui souhaiteront fuir. Une ancienne légende était notre seul salut. Elle mentionnait un autre monde, un continent oublié ou bien maudit. Qu’importe, le premier bateau était partit il y a quelques jours avec les premières personnes qui avaient pu embarquer et le matériel nécessaire à une nouvelle vie, bientôt plusieurs emprunterons la même route.
Mais l’océan semblait nous rejeter au bout de plusieurs mois de navigation, la houle agitait le navire sans relâche depuis la tombée de la nuit. Le vent soufflait, le bois craquait et semblait être sur le point de céder. J’étais sortie sur le pont supérieur afin de voir ce qui se passait, les cordages fragilisés s’agitaient de toute part et les matelots exténués se tenaient tant bien que mal. Je vis, ou plutôt j’entendis le capitaine crier quelque chose avant de disparaître dans une gigantesque masse d’eau. Cette vague avait quelque chose d’irréel et engouffra tout sur son passage, même moi.
Je me suis réveillée aujourd’hui sur une plage parmi les corps et les débris, pleine de sel et de sable. Le navire n’avait pu tenir. Péniblement je me suis levée et j’ai marché à la recherche de survivants.
Nous étions apparemment arrivés certes, mais à quel prix ?
Journal de Morgatya, jour 1 |